AGRICULTURE 2.0

Agriculture urbaine :  de l’écoquartier au quartier éco-productif

En avril 2016, Degré Zéro,  retenu pour répondre à l’appel d’offre du projet de renouvellement urbain au Nouveau Mons lancé par la Métropole Européenne de Lille, démarre une recherche qui aboutira à la rédaction d’un document de 40 pages sur l’agriculture « intra urbaine » pour l’Ecole d’Urbanisme de Paris, dans le cadre du MOPU dirigé par Daniel Béhar.

Dans les revues grand public, les magazines d’architecture, les appels à idées,  nous constatons l’invasion grandissante de l’image fantasmée d’une ville « repeinte en vert », avec des arbres qui poussent sur les toits, des légumes sur les façades. Cette récurrence dans les représentations nous montre à quel point une part de plus en plus grandissante de la population est en attente d’un renouveau du modèle urbain, aussi bien spatial que dans les modes de vie, avec le fantasme d’une ville nature ou d’une ville fertile. Et le besoin envahissant, presque viscérale, que la ville fusionne avec la campagne.

Dans le monde scientifique, les mémoires sur l’agriculture urbaine sont de plus en plus nombreux. Nous constatons que ces derniers l’aborde sous 2 aspects : la question alimentaire en complément des circuits de l’agriculture industrielle traditionnelle, et la notion de « services urbains »‘ d’ordre environnementaux (biodiversité, ilot de chaleur, etc..) et sociaux (jardins partagés, associations, etc.) essentiellement, que l’agriculture urbaine rendrait à la ville.

Que l’on soit pour ou contre ce phénomène  (cf article de Laure Planchais dans le Moniteur de mai 2016 contre l’agriculture hors sols), les maitre d’ouvrages publics et privés sont en demande de plus en plus forte pour que le citadin prenne le râteau …

Et il est évident qu’en découlera à moyen terme une transformation des paysages urbains que les paysagistes ne pourront plus ignorer et sur lesquels ils doivent d’ores et déjà réfléchir.

Pour Degré Zéro, la clé est dans un 1er temps celle de l’opérationnalité en « intra urbain ». En effet nous nous posons la question de savoir si de planter des légumes sur les toits de nos villes pouvait réellement nourrir les villes et/ou compléter les apports de l’agriculture traditionnelles. Quelles sont les quantités qui pourraient potentiellement être produites par une toiture, et combien de personnes pourraient être alimentée de cette manière.
Se pose alors la question de l’existence de formes commerciales viables de cette agriculture, génératrices de bénéfices et créatrices d’emplois. Et si, elles existent, quels sont les business plans de ces structures? Enfin, si cette agriculture a réellement la capacité de devenir un marché de niche, rentable et créateur d’emplois, « autoportant », il s’agirait de comprendre comment en favoriser l’implantation dans les systèmes urbains français.

Ce projet de recherche a donc pour objectif de contribuer, à travers quelques exemples existants pris aux USA, Canada, et Japon,  à appréhender la faisabilité économique d’une agriculture intra-urbaine, de comprendre qu’il y a plusieurs modèles d’agriculture intra urbaine, que les conditions initiales sont très diverses, qu’ils utilisent plusieurs modèles économiques, et que les typologies de productions et de distributions très différentes.

L’objectif in fine est de voir s’il est possible dans le cadre de nouvelles opérations d’aménagement d’intégrer ce nouveau type d’ «infrastructures urbaines de production agricoles» ou tout du moins de les favoriser.

quartier écoproductif



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